La grotte du vallon de Mauvelle est-elle bouchée? 

Étonnamment il y a peu de cavités dans le massif de l’étoile et elles sont souvent assez concrétionnées. La grotte du vallon de Mauvelle fait partie des grottes étroites et verticales. La topo de C. Reynaud date de 1954 et indique l’arrêt sur un bloc à 28m. 

Mercredi, fin d’après midi après le boulot, nous voilà parti du parking de la Montade à Plan de Cuques avec Glen. Il est 17h30. Nous arrivons à l’entrée 20min plus tard. Plusieurs amarrages naturels dans le rocher me permettent d’équiper l’entrée et le premier ressaut de 5m avec des sangles. En bas, un début de main courante est équipée avec deux vieux spits, de même pour Le P15 qui suit. D’après la topo, il y a ensuite deux options. Descendre sur le palier au fond du P15 et continuer par une ouverture en face ou bien prendre la lucarne qui s’ouvre sur la gauche à 3m du fond. C’est cette dernière solution qu’il faut prendre car le passage est plus large et équipé avec 2 spits. Dans le P12 qui suit, je met une petite déviation pour éviter un frottement. Ça se rétrécit. J’arrive alors sur le fameux palier du fond, mais contrairement aux attentes, l’étroiture impénétrable a été élargie et la descente peut continuer. Il y a même deux spits pour équiper la tête du puit. C’est étroit. Je préfère utiliser un AN et un spit pour limiter les frottements. Descendeur sur la poignée au dessus de moi, je me glisse dans l’étroiture. Il y a des pieds pour remonter au cas où. Ça passe et 1m en dessous le puit s’élargit légèrement. C’est l’enchaînement des surprises. Je découvre une corde en chanvre qui descend sur un ressaut de 5m. Elle doit bien avoir 30 ou 40 ans! Heureusement que j’avais une corde de 55m. Elle s’arrête juste au fond. Je dois être à -40m. 

Au fond, une bouteille en plastique, une vieille lampe acétylène et le boîtier cassé d’une vieille lampe de poche. Difficile de croire que ça continue à descendre. Un conduit horizontal de 50cm de haut et 2m de long mène à une petite salle concretionée. Un gourd cassé suggère la présence d’eau stagnante. Une photo prise à bout de bras montre que le plafond s’ouvre dans une faille impénétrable. Glen me rejoint au fond pour s’assurer qu’il n’y a vraiment pas de suite. Il faudra revenir pour faire une topo précise. TPST 2h.

Conduit horizontal au fond d’environ 50cm de haut, qui mène sur un gourd cassé en noir.
Photo prise à bout de bras vers le plafond concrétionné au dessus du gourd. On devine une faille impénétrable.

Formation à Albion

Quand on se fait mal en randonné ou en escalade, on appelle les pompiers qui viennent nous chercher. Sous terre, on évite de se faire mal car les secours (qui ne sont autres que les copains de spéléo formés au secours par la SSF) mettent plus longtemps à arriver. Pour éviter les problèmes, la fédération française de spéléo s’assure donc que ses adhérents dans les clubs sont bien formés.

Pendant les vacances de février, je suis allé me préparer au diplômé national d’initiateur. Ce diplôme est nécessaire notamment pour organiser les sorties initiations. Le stage d’une semaine avait lieu à St Cristol d’Albion dans le Vaucluse. Nous avons été super bien reçu en pension complète par Harry et Marie Lancaster dans leur gîte de l’ASPA.

Le planning quotidien était bien rempli: petit dej à 7:30 et préparation du picnic, départ pour les cavités à 8h15 par groupe de deux, avec un encadrant, moniteur national ou diplôme d’état, équipement des cavités  et exercices d’auto secours jusqu’à 17h, retour et rangement du matériel, douche, réunion ou présentation à 18h, dîner à 20h, préparation des kits pour le lendemain à 21h et couché vers 22h30. Autant dire qu’après une semaine à ce rythme, nous avons pu parcourir plein de galeries, et équiper de nombreux obstacles. Les encadrants étaient excellents. Ils arrivaient à la fois à suivre celui de nous deux qui équipait et en même temps, ils transmettaient des connaissances à celui qui attendait derrière.

L’ambiance au gîte était très bon esprit. Il y avait beaucoup de moments de partage pour discuter les journées de chacun, préparer les affaires ensemble et le dernier jour, on s’est tous regroupé pour laver le matériel à la rivière. Les repas étaient très généreux et je soulignerais l’excellente soupe au pistou et les morilles cueillies par Harry dans la sauce du premier jour! Excellent. 

Ce stage a été pris en charge par le club (merci la mairie de Vitrolles), le comité départemental de spéléo et canyon (cdsc13.fr)  et le comité de spéléo régional (csr_sud.fr).

Isabelle à l’équipement du P95 dans le Caladaire, supervisée par Camille.
Sur la gauche, dans le grand P95, on observe les gros silex noirs

Le camp du Saint Cassien

Pour paraphraser Charles dans son blog sur le Saint Cassien1 : cette cavité est notre vrai, petit grand trou du secteur. Elle se développe jusqu’au siphon à -320 m et possède tout d’une grande cavité : des puits, des méandres et de belles concrétions.

Ce dimanche, Matthieu a proposé de descendre à la salle du camp à -100 m. On est Matthieu, Laura, Antony, Olivier et moi. Tout est équipé sauf les trois premiers puits qu’on équipe avec Matthieu. Dans le troisième puits de 28 m, une corde (la blanche), et tonchée et ne descend pas en bas. On prend la rouge.

Au passage, on admire les belles stalactites qui longe la descente sur une quinzaine de mètres.

On arrive tous à la salle du camp juste à l’heure où les où les ventres ont faim. On discute en regardant le début du petit méandre. Ça sera pour une prochaine fois. C’est trop mouillé aujourd’hui. Il pleut dans la salle de la pluie!

En remontant, on ne manque pas de pester dans la chicane verticale en haut du P22.

Belle sortie ! Il faudra revenir pour aller au fond quand ce sera plus sec. 

  1. https://scpa-escandaou.com/2022/01/petite-visite-guidee-en-images-au-saint-cas.htm ↩︎

Autour du nouvel an en Ligurie

Un compte rendu en retard pour trois sorties qui ont eu lieu dans les alentours du nouvel an. La première cavité est la plus longue de Ligurie avec 4 km de connu. Pour ceux qui suivent on parle de Balbiseolo. L’objectif était d’aller au moins jusqu’à la grande salle qui marque la fin du premier méandre en bas d’un puits magnifique de 24 m. Arrivé au bord du trou, c’est l’affluence : il y a déjà un groupe de spéléos piémontais. Comme ils sont beaucoup on traine un peu. Finalement on les rejoindra tous dans les 3 petits puits juste avant la grande salle. Arrivé dans la salle on prend le temps de faire quelques photos. C’est beau, c’est grand.

Comme il se fait tard, que la suite est encore un long méandre avant d’arriver dans la rivière et qu’on risque d’attendre on préfère sortir pour revenir voir une autre fois la suite.

La seconde cavité est la grotta Ingriv avec sont équipement hétéroclite sur, broches, barre scélée, chaine et goujons foireux… Etant donnée que la cavité s’ouvre dans le lit d’un ruisseau, il vaut mieux aller voir aller s’il ne fait pas beau. Le puits d’entré est beau et la suite est une haute galerie concrétionnée et fort boueuse. Seul bémol la cavité est trop courte.

En remontant on repere un départ en vire vers un amont potentiel qu’il serait bien d’aller voir avec les ustensiles appropriés…

La troisième sortie a eu lieu dans le même secteur à la grotta mala. L’une doit être l’amont de l’autre ou un affluent. La pas d’appareil. On c’est arrété au pied d’une escalade de 10 m équipée sur un joli mono point. De toute façon avait plus de corde. On a préférer rentrer en jurant de revenir parce que cela devenait franchement sympathique.

Grande Crevasse 15 décembre 2024

Cela fait quelque temps que nous avons revu le fond de la grande crevasse par temps calme et pas trop froid et nous étions persuadé qu’il y avait du courant d’air au fond. Nous y retournons donc avec Anais, Olivier fraichement arrivés dans le club, et Claude. Il fait glacial dehors essentiellement à cause du vent qui souffle fort sur Siou Blanc. La marche d’approche de moins de 100m est avalé très rapidement et on commence à équiper. Les fractios s’enchainent dans la bonne humeur en guidant les deux petits nouveaux. On mange juste avant le fond et Laura prend la suite de l’équipement. Ils en profiterons pour découvrir les joies des passages pas trop larges sur corde. Arrivé au fond pas de doute il y a du courant d’air qui souffle dans la diaclase trop étroite pour passer. Malheureusement pas trop le temps de fouiller en détail pour trouver le meilleur endroit pour se faufiler dans la suite. Ce sera pour une autre fois… On compte bien revenir pour fouiller et commencer à élargir.

Journée de formation sur Siou Blanc

Nous nous retrouvons à 3 avec Claude et Anais qui viens de rejoindre le club suite à la journée des associations organisée par la Ville de Vitrolles. On a choisi l’aven de l’Omoplate pour qu’ Anais puisse découvrir la joie de la remonté sur corde et du passage de fractionnement.

Pendant que Claude médite, Matthieu déséquipe

On clôturera cette journée par quelques exercices de conversions montée/descente et descente/ montée pendu à un beau chêne.

Saint Eucher avant fermeture…

C’est à 6 que nous nous retrouvons sur le parking du pont Mirabaux pour aller visiter la grotte de Saint Eucher jusqu’où l’impératif horaire de organisateur nous laissera aller. Après avoir errer quelques temps sur les routes départementales du bord vauclusien de la Durance, nous finissons par trouver le « bon parking ». Il faut dire que depuis notre dernière visite de 2017 les alentours on un peu changé et les panneaux « propriété privée défense d’entrer » on fleuris ça et là.

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La salle du Lustre (vielle photo de 2017 recyclée)

Nous irons jusqu’à la salle du lustre et certains irons voir les coupoles avec le lapiaz inversé juste au dessus de la salle qui marque notre arrêt. Nous ressortons pour arriver à l’heure prévue à Marseille en étant quand même frustré de ne pas être allé plus loin…

L’ASN sous les Cévennes 

Ce weekend, nous avons rejoint le 32e rassemblement Caussenard à Arre dans le Gard. Super ambiance avec paella géante le vendredi soir, chapiteau avec concert de rock, les stands habituels de fabricants et revendeurs d’équipements spéleo et des conférences et projections de films. 

Bien sûr, les spéléo organisateurs avaient également équipés les cavités du coin, notamment la grotte des Calles et l’évent de Bruns que nous avons visitées. Les deux cavités se trouvant à seulement 40min à pieds du lieu de rassemblement, nous avons vu les deux dans la journée du samedi. Pour être plus exact, nous n’avons visité que les premières parties de ces deux cavités car nous n’avons pas eu le temps de nous aventurer plus loin. 

La grotte des Calles se situe à environ 400m au dessus de la rivière. La marche d’approche est assez pentue, avec la remontée d’un pierrier, mais majoritairement à l’ombre sous les arbres. Arrivés à l’entrée on s’équipe avec les autres spéléos du rassemblement qui avaient décidés de faire la même grotte que nous. L’entrée est protégée par une petite porte, suivie de 20m dans une salle basse se terminant pas un boyau assez étroit. Ensuite, on débouche sur un balcon qui domine la salle du même nom. En comparaison du boyau d’avant, elle est énorme. Elle fait au moins 20m de haut et autant de diamètre. S’ensuit la célèbre salle du phare, encore plus grande, avec le célèbre phare, une énorme stalagmite, au fond. Malheureusement, du fait de l’affluence (plus de 15 personnes devant nous attendant pour descendre le puits Mikado), nous décide de faire demi-tour. Nous reviendrons explorer la salle transcaussenarde et ses concrétions une autre fois. 

Vue sur l’immense salle du phare, cette énorme stalagmite qu’on voit au fond

Comme il nous reste du temps, nous descendons voir l’évent de Brun car on nous a parlé de la traversée d’un lac souterrain en canoë. Et effectivement, après une 30aine de mètres de progression facile depuis l’entrée  et un puit de 5m, nous nous retrouvons sur une plage, en face d’un lac souterrain d’une 20aine de mètres, sur lequel arrive tranquillement à notre rencontre un canoë tenu par des cordes sans personne à bord. Bien sûr, malgré ce mystère nous effectuons la traversée, trop tentant! Mais ça n’est pas si facile car il faut tirer le canoë avec la corde et il y a beaucoup de frottement. De l’autre coté du lac, nous escaladons une 15aine de mètre assurés par des mains courantes (assez lâches). Nous ne poussons pas l’exploration du méandre davantage par manque de temps.

Embarquement dans l’Event de Brun pour une petite traversée en canoë

Vraiment, ces cavités valent la peine, et il faudra qu’on y retourne avec plus de temps. 

Pas grand chose ne s’est passé comme prévue…

Samedi, nous nous sommes joint à un groupe de spéléos de plusieurs régions d’Italie qui ré-explore l’Abisso Dolly dans la petite station de ski piémontaise de Prato Nevoso où Laura a fait du ski étant plus jeune. La sortie était alléchante un -275m tout équipé!

Samedi nous nous levons tôt pour partir de Savone à 7h15 pour rejoindre nos collègues spéléos. Arrivé sur les lieux un 4×4 nous attend, très bien on évitera les 20 min de marche qui nous séparent du point de rdv. Arrivé sur le lieu nous apprenons qu’une première équipe va partir pour sécuriser le second puits au sommet duquel une trémie a un peu trop tendance à accompagner les spéléos dans leur descente. Nous ferons partie de la seconde équipe…

Nous partons donc vers le Dolly une bonne heure plus tard, on discute puis on fini par s’habiller chaudement vu les 4,5°C de la cavité. 3 spéléos entre sous terre pour aller aux nouvelles une bonne heure plus tard ,vers 12 h00, le verdict tombe : trop dangereux pour y aller tous.

On se rabat sur un autre trou non loin : il buco del Skilift, le seul problème c’est que quasiment personne depuis la découverte du trou dans les années 90. On prend un tas de cordes et d’amarrages, un perfo, des accus mais pas de mèche… Le perfo nous attendra donc gentiment dehors. On équipe comme on peut… La cavité est un méandre pas toujours large, jamais très haut qui se développe au contact entre les schistes en plaquettes et un calcaire noir du Dogger (Bajocien pour le français). Un petit filet d’eau permet de se rafraichir les idées en remontant. Arrivé à un petit puits de 9 m, la cavité prend de l’ampleur et devient franchement belle avec toute les couleurs de roche présentes.

Le P9 à moité dans la calcite avec son pipi rafraichissant.

En bas du P9.

Quelques étroitures dans les remplissages de calcite et petit puits de 4 m plus tard nous arrivons dans une petite salle dont le sol est un gros talus de sable schisteux et d’argile mélangé et le plafond décoré de vielles aragonites.

On de-escalade un ressaut pour finir dans une énorme salle qui se développe très certainement sur une faille. Le sol est en énormes blocs de schiste alors que le plafond est en calcaire. On finira par trouver le passage vers le bas en fouillant bien. En bas une série de puits permet d’accéder au fond de la cavité que nous ne verrons pas faute de corde.

En haut de la grande salle.

On remonte tranquillement en faisant les photos tandis que d’autres lèvent une topo rapide du trou. En sortant c’est le grondement du tonnerre qui nous accueille et un spéléo de l’équipe qui a chatouillé la trémie du Dolly qui vient prendre de nos nouvelles car un gros orage s’est abattu en bas sur la station.

Maintenant que la trémie du Dolly a fini son voyage au bas des puits, il ne nous reste qu’à trouver créneau pour aller faire les photos au Dolly. Le seul problème c’est que la cavité est accessible que de fin juin à fin Octobre sinon il y a une marche d’approche de plusieurs heures en raquette à neige.

Le gouffre des hérétiques à la Coume Ouarnède

Première bonne surprise de cette sortie à la Coume Ouarnède dans les Pyrénées, une marche d’approche de 20min. On n’est pas encore à faire la main courante sur le pare-choc de la voiture mais c’est très raisonnable pour le standard local. 

Sur la droite du chemin, un sentier s’enfonce dans un lapiaz autrement plus creusé que par chez nous, et avec de la mousse et des arbres! Le trou s’ouvre largement un peu plus loin sur la gauche en bas d’un ressaut rocheux. 

On y retrouve sur le départ, l’équipe du CDS chargée de deséquiper la traversée à pont de gerbaud.  Nous, on déjeune tranquillement et on s’équipe pour rentrer. 

Le rocher dans les puits est corrodé par l’eau qui ruisselle. Après quelques ressauts accompagnés de contorsions puis deux puits plus confortables, s’ouvre un méandre d’une trentaine de mètres sans grandes difficultés. On débouche sur une salle d’effondrement prémice de la grande salle du trou du vent. Celle-ci se cache derrière une étroiture qui se passe facilement. Elle s’étend sur environ 900m et fait parfois 20m de haut. Tout en bas, on découvre une plage de sable au milieu de laquelle serpente une rivière souterraine. Une petite cascade puis un petit éboulis et nous voilà au pertuis, passage bas où souffle un fort courant d’air: c’est la suite vers pont de gerbaud. En face, remontant sur la droite, la suite vers la rivière du mile. Pour nous, cette bifurcation indique la fin de l’exploration, il est temps de remonter. TPS 3h30

Vue sur la « plage » de la grande salle en bas du gouffre des Hérétiques
Vue d’en haut du P8 avec un balancier pour rejoindre le palier